Partager l'article ! Lancia Delta 1.6 Multijet 16 V 120 ch: Question de style Tombé dans l'oubli sur le sol français à cause d'une gamme vieillissan ...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Tombé dans l'oubli sur le sol français à cause d'une gamme vieillissante, Lancia renait de ses cendres avec le retour de la Delta. Autrefois symbole de performance et de sportivité avec 6 titres de champion du monde des rallyes glanés entre 1987 et 1992, l'italienne nous revient sous les traits d'une compact bon chic bon genre, mi-berline mi-break.
Un peu laissé pour compte dans la politique du groupe Fiat, Lancia est pourtant l'emblème premium du groupe italien. Végétant depuis de trop longues années, la firme Lombarde tente enfin un véritable come-back avec le retour du fameux patronyme « Delta », absent du catalogue depuis huit longues années.
Originalité de mise
Surfant à contre-courant de la mode actuelle, la « Delta du renouveau » est pour le moins étrange. Sculptée comme une compacte mais aussi imposante qu'un break, elle défriche une orientation stylistique inédite non dénuée de charme. Que ce soit à l'avant avec la large calandre chromée et les phares effilés munis de LED façon Audi, ou bien à l'arrière avec le hayon bombé et les feux (à LED eux aussi) épousant la courbure de ce dernier, les designers s'en sont donnés à cœur-joie. On aime ou on aime pas, mais force est de constater que l'originalité et l'innovation sont de mise !
Reposant sur un empattement gigantesque de 2m70 et dépassant une Audi A3 Sportback de 23 cm, la Delta offre sans surprises un très vaste habitacle. Si l'espace est généreux à l'avant, il apparait carrément royal à l'arrière grâce à la banquette coulissante 1/3 - 2/3. Comme les dossiers peuvent s'incliner jusqu'à 25°, vous obtenez la reine incontestée du segment pour voyager. Le coffre profite de cette modularité avec une capacité intéressante qui varie de 380 à 465 L mais possède, hélas, un seuil de chargement un peu haut et n'offre pas de plancher plat.
Visant à atteindre les classes supérieures au niveau de la vie à bord, la Delta accueille ses occupants avec des matériaux et une finition de très belle facture. Si le style général se montre moins percutant qu'à l'extérieur, aucune faute de goût n'est à déplorer. Mariant subtilement les nuances avec des placages façon alu sur la console centrale et des plastiques de couleurs, l'ambiance est très latine. On apprécie le graphisme des compteurs « rétro », les touches chromées de part et d'autres de l'ensemble hi-fi ou encore les habillages alcantara ou cuir pleine-fleur disponibles en option. Les italiens ont mis le paquet question équipement puisque la version « Oro » d'entrée de gamme possède déjà 7 airbags, une climatisation automatique bizone, un régulateur de vitesse, les 4 vitres et les rétroviseurs électriques, ainsi qu'un autoradio CD MP3 avec commandes au volant. Même les superbes feux à LED font partie de la dotation de série, contrairement à Audi qui oblige à mettre la main au portefeuille sur son A4...
Performances et sobriété
Le long capot nervuré abrite au choix 5 motorisations. Le « downsizing », qui consiste à réduire les cylindrées pour diminuer la pollution, est de mise au niveau des blocs essence puisque l'offre se limite au 1.4 T-Jet, en 120 ou 150 ch. Concernant les diesel, il y en a pour toutes les bourses et toutes les utilisations, avec les nouveaux 1.6 Multijet 120 ch (qui peut recevoir en option la boîte robotisée), 2.0 Multijet 165 ch et 1.9 Multijet Twinturbo 190 ch.
Sur la route, la Delta conforte son statut de berline cossue en faisant très clairement la part belle au confort. Aux antipodes de celles de la tonitruante sportive des années 80, les suspensions filtrent les moindres aspérités de la route, tandis que l'empattement long profite à la stabilité en courbe. Comme le train avant et la direction se montrent très réactifs, on est tenté d'accélérer le mouvement dès que la route devient sinueuse. Hélas, la souplesse de l'amortissement engendre des mouvements de caisse qui s'accordent mal à une utilisation sportive. Il faut dire que la Delta n'a pas été conçu dans cette optique et que ce « défaut » n'apparaît qu'au-delà du seuil qui vous expédie sous les verrous à la moindre rencontre avec la maréchaussée...
Outre le confort et l'espace à bord, la bonne surprise provient de l'excellent 1.6 Multijet 120 ch. En dépit de sa puissance modeste et des 1300 kg de l'auto, il se montre très agréable à utiliser, silencieux, sobre et plein à tous les régimes.
Sus aux préjugés !
Originale, pleine de bon sens et moins chère que les concurrentes allemandes avec qui elle espère livrer bataille, la Delta est une excellente auto qui gagne à être connue. Proposée à partir de 21 500 euros en essence et 24 500 euros en version diesel, elle se positionne d'entrée de jeu dans les bonnes affaires du segment.
Véhicule essayé à la concession EDA de Puget sur Argens.
Par Thierry « on y retourne » Santoni
Photos Fred « Ils ont une MiTo » Rouvier